Hier, pour fêter les 20 ans à Johnny le Polonais de la Bâthie, on est allé à l'Opéra. Non, pas le truc chiant où il y a des caluts sur scène, qui t'insultent dans des langues que tu comprends pas, avec des vibratos qui viennent du fond de la vessie. Non, l'Opéra, c'est LA boîte du coin. A 50 bornes d'Albertville. Parce qu'Albertville, à part le bowling, les bars qui ferment à 22 heures, brûler des voitures, ou les femmes à barbe de la forêt du Rhône, niveau loisirs, je dirais presque que c'est assez limité. Bref, après s'être faits beaux pour séduire la femelle en chaleur, nous partîmes à l'apartement de Jonathan. Lui et sa copine nous attendaient à bras ouverts, rapport qu'on était en retard, et que la bouteille de champagne commençait à se plaindre. Niveau cadeau, il était content, rapport qu'on lui avait acheté une superbe bouteille de shampooing "spécial pervers, partouze garantie, des laboratoires bitepoilcouille", ainsi qu'un fouet. Sa copine a insisté pour l'essayer de suite, d'autant qu'ils avaient déjà les menottes. On a dit bon. Maintenant, il ne leur manque plus que le baillon avec la boule qui va dans la bouche. Après avoir vidé le champagne, demi-sec s'il vous plait, à deux, rapport que le conducteur, et la compagne de l'interessé n'ont rien bu ou presque, nous quittâmes l'appartement. Après avoir écouté le tube de Grand Corps Malade dans la voiture, on arriva à la boîte. Il y avait moult monde. John m'a proposé la stratégie :"Si, è vero. Veniamo di Sicilia, siamo della Mafia", pour rentrer plus vite. Je lui ai demandé si ça marchait. Il m'a dit que oui, tout le temps, mais sauf des fois. Bon, ça bousculait un peu, mais quand une jeune fille fort charmante se faufile entre nous, c'est ne pas avoir de coeur que de la remettre à sa place. Mais le problème, c'est quand ses copains et copines la rejoignent, te permettant ainsi de te faire connement reculer de plusieurs places. Je te jure, les gens, tu veux être gentil, tu leur mets un doigt, ils te réclament le bras. Bon, on est rentré, on a dansé, consommé notre boisson offerte, fait passer l'annonce de l'anniversaire au DJ, etc. Puis, la stimulation physique aidant, la soif nous est revenue. Dans un instant de lucidité, John a saisi un pichet sur une table, dont les personnes avaient visiblement commandé une bouteille de vodka. Deux minutes après, il est revenu avec le pichet plein de coca. Il a dit : "je voulais voir si ça marchait". Réponse oui. Après avoir savouré ce coca gratuit, il a commencé à parler de rentabilité, sur le prix d'entrée de la boîte. La rentabilité c'est mon domaine. Rapport que j'ai fait un bac de l'économie, et que si je voulais, j'aurais pu faire sciences-po, et finir DRH dans une grosse entreprise, et gagner 6000 Euros par mois, jusqu'à la retraite, ou alors devenir ministre des Alcools Forts, et gagner plus encore. Mais je voulais pas. La rentabilité, c'est :
RENTABILITE = PRODUITS - CHARGES
ou RENTABILITE = RECETTES - DEPENSES
Les gens autour ils ont dit "ohh!" quand j'ai exposé ma science. Sur ce, j'ai fini le cigare Havane de John, en me tenant le menton, à la manière des intellectuels. Il m'a dit : "mettons cela en pratique".
RENTABILITE = AVANTAGES EN NATURE - BILLET D'ENTREE
RENTABILITE = 10 ¤ - pichet de Coca gratuit (= 8 Euros si payé) - 4 verres ramenés à la maison (= 6 Euros si payés) - une bonne soirée (= ça n'a pas de prix XD)
RENTABILITE = 2 ¤ + la satisfaction du travail bien fait^^
Je confirme, ça marche, et c'est rentable. Nous sommes partis avec les verres offerts par la maison, c'était gentil, il fallait pas. Ainsi finissait la soirée, vers les 4h15 du matin. Le lendemain, à la gare pour rentrer sur Albertville, on voit John qui ramenait sa chère et tendre à son train. La scène comique du jour, ce fut l'arrivée de la propriétaire de l'appartement de John, vers midi. Il 'est dit : "tiens, elle m'amène mon micro-onde". En fait non. Elle est montée sur ses grands chevaux de bois : "Hier, vous avez fait la fête, je vous préviens, c'est la dernière fois.". John précisa : "c'était mon anniversaire". La femme, sans doute frustrée et insatisfaite sexuellement parlant, rétorqua : "J'espère que ce sera pas comme ça tous les week end!". John lui demontra que c'était mathématiquement impossible, rapport qu'aucun être humain reconnu ne peut avoir d'anniversaire toutes les semaines. Et que c'était le concept même de l'anniversaire, de n'avoir lieu qu'une fois par an. Vous auriez vu sa tête. Elle savait plus quoi dire. Son regard était vide, un peu comme celui d'Eve Angeli, lorsqu'on lui parle avec des mots de plus de trois syllabes. Elle a ravalé sa salive, et est retournée préparer à manger, telle une brave femme. Puis j'ai pris mon train et je suis rentré à mon domicile.
Pour finir, je citerai ce poète urbain du 21ème Siècle, qu'est Grand Corps Malade :
"Il parait que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y'aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus."
Je ne suis pas du même avis, d'autant plus qu'après prise de renseignements, les voyages en bus sont plus lents que les voyages en train, et pas forcément plus avantageux.
J'aimerais poser un slam pour Grand Corps Malade, qui était venue en personne me voir remuer mon corps de rêve sur la piste de danse XD. Tu m'as pas vu, tant pis, je t'ai pas vu, tant mieux. Fallait pas venir en voiture, la prochaine fois tu prendras le bus^^
Kelso